<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><channel><title>~/borba</title><description>Notes de dev, systèmes pensés pour le TDAH et carnets d&apos;un hiver emprunté.</description><link>https://borba.io/</link><language>fr-ca</language><item><title>L&apos;hiver est une compétence. Je monte de niveau.</title><link>https://borba.io/fr/posts/winter-is-a-skill/</link><guid isPermaLink="true">https://borba.io/fr/posts/winter-is-a-skill/</guid><description>Des couches, de la luminothérapie et l&apos;autobus qui ne vient jamais.</description><pubDate>Wed, 14 Jan 2026 00:00:00 GMT</pubDate><content:encoded>&lt;p&gt;Mon premier hiver au Canada, j&apos;ai pris le froid pour un test de personnalité. J&apos;ai perdu. Je me suis présenté à un arrêt d&apos;autobus de janvier en manteau d&apos;automne et en espadrilles « correctes », et j&apos;ai passé quarante minutes à apprendre que −18 °C se fiche complètement de ce que je &lt;em&gt;ressens&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers février, un collègue qui a grandi à Winnipeg a prononcé la phrase qui m&apos;a recâblé : « Tu n&apos;es pas mauvais en hiver. Tu n&apos;as juste pas pratiqué. » Pratiqué. Comme une gamme au piano. Comme un raccourci clavier. L&apos;hiver est une compétence, les compétences ont des systèmes, et les systèmes sont la seule chose que mon cerveau TDAH accepte d&apos;entretenir — à condition que je les écrive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce billet, c&apos;est l&apos;écriture.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;S&apos;habiller en couches, comme un fichier de config&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mon erreur de la première année : acheter une seule Chose Très Chaude et la porter partout. Un parka pour les gouverner tous, à suer dans le métro, à geler à l&apos;arrêt. La solution est ennuyante et magnifique : les couches sont de la configuration, pas de la mode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma config de base ressemble maintenant à ceci :&lt;/p&gt;
&lt;pre&gt;&lt;code&gt;base:      chandail manches longues en mérinos  # toujours, même les jours « doux »
mid:       polar ou laine                        # -5 °C et moins
shell:     parka coupe-vent                      # le vent est le vrai ennemi
extremities:
  head:    tuque                                 # non négociable, on est au Canada
  hands:   mitaines &amp;gt; gants                      # les doigts se réchauffent entre eux
  feet:    bas de laine + bottes cotées -30
override:
  freezing_rain: troquer la tuque pour le capuchon, ajouter les crampons
&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;
&lt;p&gt;L&apos;important, ce n&apos;est pas cette pile exacte — c&apos;est que j&apos;ai arrêté de décider chaque matin. Je regarde la température, j&apos;applique la config. C&apos;est la décision qui coûtait cher. Les jours où les fonctions exécutives sont au plancher, la différence entre « choisir des vêtements » et « exécuter le script », c&apos;est la différence entre sortir et annuler ma journée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les couches de base en mérinos ont été la plus grande amélioration. Pas à cause du marketing — parce qu&apos;elles restent chaudes quand, inévitablement, je m&apos;habille trop et que je sue en marchant vers la station. Le coton se souvient de vos erreurs. La laine les pardonne.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;La lumière est une dépendance&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Personne ne m&apos;avait prévenu que le plus dur d&apos;un hiver nordique, ce n&apos;est pas le froid. C&apos;est la noirceur. Un coucher de soleil à 16 h 30, ça ressemble à une anecdote amusante jusqu&apos;à ce qu&apos;on réalise qu&apos;on n&apos;a pas vu la lumière du jour un jour de semaine depuis trois semaines et que le cerveau est passé en mode économie d&apos;énergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je traite maintenant le soleil comme un paquet dont mon système dépend, versions épinglées :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Lampe de 10 000 lux, 25 minutes, avec le déjeuner.&lt;/strong&gt; Pas négociable, pas « quand j&apos;y pense ». Elle est sur la table de cuisine, pointée vers mes céréales. L&apos;habitude est agrafée à une habitude existante, parce que les nouvelles habitudes autonomes et mon cerveau ne sont pas amis.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Une marche sur l&apos;heure du dîner, pendant que le soleil est vraiment levé.&lt;/strong&gt; Bloquée au calendrier comme une réunion, parce que c&apos;en est une — avec la seule étoile qu&apos;on a.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;De la vitamine D, parce que mon médecin l&apos;a dit.&lt;/strong&gt; Demandez au vôtre; je suis développeur, pas endocrinologue.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;La lampe m&apos;a semblé être de la poudre de perlimpinpin la première semaine. À la troisième, la différence était gênante : je déboguais mon humeur au niveau applicatif alors que le problème était l&apos;alimentation électrique.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;L&apos;autobus qui ne vient jamais&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le transport en commun dans une tempête, c&apos;est une API peu fiable. Elle finit par répondre, mais la latence est illimitée, les réessais sont à votre charge et les messages d&apos;erreur mentent. L&apos;horaire dit 7 minutes; le panneau dit 3; la rue ne dit rien pendant une demi-heure pendant que vos cils gèlent ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas réparer l&apos;API. On ne peut qu&apos;écrire un client résilient :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Vérifier l&apos;app en temps réel avant de partir, pas à l&apos;arrêt.&lt;/strong&gt; Attendre à l&apos;intérieur; sortir quand le point est à deux arrêts.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;S&apos;habiller pour l&apos;attente, pas pour le trajet.&lt;/strong&gt; L&apos;autobus est tropical. L&apos;arrêt, c&apos;est l&apos;Arctique. L&apos;arrêt gagne, parce que c&apos;est là que vit la variance.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Toujours transporter le mode d&apos;échec :&lt;/strong&gt; un livre ou un balado téléchargé. Si l&apos;attente est un divertissement, un retard de 20 minutes cesse d&apos;être un déclencheur de crise et devient vingt pages.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Il y a ici un piège spécifique au TDAH : le transport hivernal punit les départs à la dernière minute, mon mode de vie depuis toujours. Le système qui me sauve, c&apos;est d&apos;ajouter dix minutes de marge à chaque déplacement et de déclarer officiellement ce temps « temps de balado » plutôt que « temps perdu ». Le recadrage était la solution : mon cerveau ne protégera pas une marge, mais il protégera absolument un épisode.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;À quoi ressemble le niveau supérieur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On est à la mi-janvier de l&apos;année deux au moment où je mets ce billet à jour. Ce matin, il faisait −21 °C avec le vent, et la chose la plus étrange s&apos;est produite à l&apos;arrêt : rien. J&apos;avais chaud. J&apos;étais à l&apos;heure. J&apos;écoutais un balado dans mes couches correctement versionnées, comme une espèce de gars d&apos;ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne prétendrai pas que j&apos;aime l&apos;hiver maintenant. Mais j&apos;ai arrêté d&apos;avoir peur des prévisions, et les bons jours — la neige qui crisse sous les bottes, le soleil sorti, les mitaines qui font leur science — je comprends presque les gens qui affirment aimer ça.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compétence acquise. Prochain niveau : apprendre à patiner sans me tenir à la bande. Rapport de terrain à venir.&lt;/p&gt;
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